Hypertypes : un fléau pour la santé des chiens et chats

Article publié le : 22/01/2020

Hypertypes : un fléau pour la santé des chiens et chats

« Les sujets hypertypés ne sont ni attendrissants ni "craquants", ils souffrent, toute leur vie ! ». C’est ce que rappelle l’AFVAC (Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie). « Souffrir pour plaire, non merci ! »

Après deux ans de collaboration au sein de la commission Relations Homme-Animal de l’Académie Vétérinaire de France (AVF), concrétisée par un avis académique sur les hypertypes canins, l’AFVAC et l’AVF, sous l’égide de la Marque Vétérinaire, lancent une campagne de communication sur les hypertypes chez les chiens et les chats.

Celle-ci se matérialise par des affiches pour les structures vétérinaires, qui expliquent, photos à l’appui, les conséquences des hypertypes et l’engagement des vétérinaires pour lutter contre ce fléau. Les praticiens sont aussi encouragés à partager la publication sur leurs réseaux sociaux.

Hypertypes : le revers du culte de la beauté

Le « culte de la beauté conduit à l’hypertype », disait Raymond Triquet, éminent cynophile.

Qu’est-ce que l’hypertype au juste ? C’est l'accentuation à l'extrême de traits distinctifs propres à certaines races animales domestiques, dont les chiens et chats font partie ; à noter que les NAC (nouveaux animaux de compagnie), mais aussi les chevaux et les animaux de rente sont concernés.

Cela peut être favorisé par certains éleveurs qui sélectionnent leur production sur des critères esthétiques générant pour les animaux une souffrance, certains clubs de race, des juges qui récompensent des sujets en dehors du standard. La SCC (Société Centrale Canine) - tout comme le LOOF (Livre Officiel des Origines Félines) ne sont pas insensibles au problème de l’hypertype et ont tiré la sonnette d’alarme ; des réunions et communications sur ce thème sont organisées.

Les conséquences des effets de mode

La SCC considère que les chiens qui en souffrent, ne correspondent pas au type morphologique recherché, et qu’ils devraient donc être considérés "hors standard" et ne pas être inscrits au LOF (Livre des Origines Français).

« Lors de progression importante et rapide de certains effectifs raciaux à la mode, la sur-utilisation de certains champions trop valorisés, l'action de certains éleveurs, clubs de races et juges, en produisant, promotionnant et récompensant toujours plus de type, ne pouvaient qu'emballer une dérive vers l'hypertype », expliquent pour leur part Eric Guaguère, past-président de l'Afvac, Gilles Chaudieu, vice-président délégué aux éditions à l'AFVAC*.

Hypertypes chez le chien et le chat : à qui la faute ?

Si les cas d’hypertypes ont tendance à évoluer, c’est peut-être aussi dû aux maîtres qui se laissent attendrir et craquent ‘’facilement’’ sans se poser au préalable de questions pour un chien ou un chat ‘’hors de l’ordinaire’’ ; ils sont donc à l’origine du marché de l’offre et de la demande et de cette production.

La mode a des effets pervers. « Le succès actuel de certaines races se traduit aussi par une production hors LOF ou hors LOOF sur laquelle aucun contrôle de type n'est exercé, à partir de reproducteurs ayant simplement une apparence de race ou non confirmés bien qu'issus de parents confirmés. Leur type racial est susceptible de s'écarter du standard : à supposer que leurs naisseurs ou revendeurs fassent preuve de modération ou de discernement, cette filière reste incontrôlable, bien que soumise à une pression sélective indirecte par les acquéreurs qui réclament « plus de type », insistent-ils encore.

 

Hypertypes : des formes de maltraitance

Les anomalies physiques portent atteinte au bien-être et à la santé des chiens et chats hypertypés, source de véritables souffrances. Cela pourrait être assimilé à de la maltraitance.

Les chiens (Bouledogue français, Carlin, Bulldog anglais, Epagneul, King Charles, Shih-Tzu, Dogue de Bordeaux, Chow-Chow, Shar-Pei, entres autres) et les chats (Persan, British Shorthair, Exotic Shorthair, Scottish Fold…) dits "brachycéphales" (face aplatie) en sont les premiers exemples.

Ces chiens et chats souffrent notamment de problèmes respiratoires (on peut noter des « râlements », des ronflements, ils supportent mal les fortes températures et sont donc plus sujets que d’autres au coup de chaleur). Ils souffrent aussi de problèmes cardiaques, et d’obésité parfois.

Ce ne sont pas les seuls. Les chiens d’apparence néoténique à l’instar du Cavalier King Charles, c’est-à-dire apparence juvénile, un peu comme avec une « bouille » d’éternel bébé. Cela est la conséquence de la réduction du volume de la boîte crânienne à l’origine de maladie de la moelle épinière.

Les chiens de petite taille comme le Teckel et ceux chez qui on recherche des formes de nanisme (bassets…) rencontrent quant à eux des problèmes dorsaux. Chercher à faire des chiens toujours plus petits (Yorkshire terrier, chihuahua) n’est pas sans conséquence sur leur santé.

Quant aux chiens de grande taille, ils peuvent souffrir de dysplasie de la hanche et/ou du coude ou encore d’atteintes au niveau de l'os et du cartilage.

A cela s’ajoutent, selon les races, des problèmes cutanées, digestifs, oculaires, une impossibilité de reproduction naturelle (césarienne), queue incarnée, scoliose

Des problèmes physiques, mais également de comportement 

Il n’y a pas que le physique des animaux hypertypés qui est impacté. Des troubles du comportement peuvent aussi se faire jour, la communication étant affectée, des chiens se montrant sensibles. A noter que si les chiens d'utilité (races soumises au travail) sont moins touchés que d’autres, ils n’en restent pas moins concernés.

Des traitements médicaux à vie

Toutes les prédispositions liées aux différentes formes d’hypertypes « entraînent des traitements médicaux à vie ou des corrections chirurgicales parfois complexes », souligne l’AFVAC.

Ils ne sont pas systématiquement pris en charge par l’assurance santé du chien ou l’assurance santé du chat, car entrant dans le cadre des maladies héréditaires faisant partie des exclusions (à l’exception de la dysplasie chez SantéVet, le spécialiste de l’assurance santé animale).

« Le préjudice subi, la répétition des dépenses médicales ou chirurgicales tant programmées qu’imprévues, sont des charges difficilement supportables », poursuit l’AFVAC. L'une des conséquences à cela : « Le nombre de sujets jeunes ou adultes retrouvés en refuges en raison de handicaps physiques ou comportementaux est anormalement élevé... »

*Source : La Dépêche Vétérinaire, n° 1507.

 

Hypertypes chez le chien et le chat : quelles solutions ?

« Tous les acteurs de la filière doivent être conscients que l'hypertype est assimilable à un état pathologique dans la mesure où il peut, ne serait-ce que potentiellement, être nuisible au bien-être du sujet », commentent Eric Guaguère et Gilles Chaudieu. « La certification des origines et la publication de données relatives à la santé, qu'elles soient consécutives à des examens cliniques et/ou des tests génétiques, dans les documents généalogiques, sont maintenant la règle et on doit en féliciter la SCC et le LOOF. »

L’AFVAC préconise des mesures à mettre en œuvre avec notamment :

- la mise en place de protocoles d’examens des reproducteurs inclus dans un programme d’élevage et sélection ;
- l’information et la sensibilisation des éleveurs, clubs de races, juges qualifiés et du public aux notions de santé et de bien-être.

Mais aussi « de sélectionner des sujets dans le type du standard de race et considérer l’hypertype comme une erreur de sélection ; de respecter le principe de consanguinité large, notamment par la limite du nombre de saillies de certains étalons dans certaines races ; de veiller à ce que les ventes soient conformes aux dispositions légales en vigueur ; d’encourager la suppression de la publicité mettant en scène des hypertypes ».

« Participez avec l'ensemble de la profession à la sensibilisation des propriétaires d'animaux de compagnie contre les hypertypes » : tel est le message que veut lancer l’AFVAC.

« Sans vouloir faire du chien ou du chat de race une somme obsessionnelle d’absences de défauts, il serait urgent que tous acteurs de la filière définissent les recommandations et règles auxquelles devra se conformer une  sélection digne de ce nom, dans le respect du bien-être animal », conclut le groupe de travail « Hypertypes » de l'AFVAC, qui incite la profession vétérinaire à contribuer à son action en relayant son engagement.

 

SantéVet

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Photo : 123rf 



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